Le trèfle à quatre...

Numéro 6

 Expérience

Ce numéro du Trèfle à quatre inaugure une nouvelle rubrique, plus particulièrement destinée aux étudiants des filières FLE. Nous y donnerons la parole à ceux d'entre eux qui souhaiteront témoigner de leur activité dans le domaine: stages, démarches pour trouver un emploi, "bonnes adresses", etc...

Obtenir un DESS "FLE et Opérations Interculturelles", c'est bien. Obtenir ensuite un emploi, c'est mieux. Le parcours de recherche d'emploi est difficile et un diplôme de 3e cycle n'est pas une garantie, surtout dans un contexte où l'on se retrouve souvent vacataire, comme c'est très souvent le cas à l'étranger, dans les Instituts Français ou ailleurs.

Cependant, le DESS peut être une aide à la réalisation d'un projet professionnel bien défini. Il s'agit alors de mettre à profit les stages pour le concrétiser. Dans cette perspective, l'année de DESS m'a permis d'utiliser des compétences acquises au cours d'études antérieures et de les appliquer dans un projet didactique. Ayant en effet suivi des études en histoire de l'art et archéologie, j'avais participé à un chantier de fouilles en Palestine. Cette compétence m'a permis de participer, dans le cadre de mon DESS, à l'élaboration d'un cours de français de l'archéologie destiné aux étudiants d'une université jordanienne. Ce travail a d'ailleurs constitué le sujet d'un de mes mémoires de diplôme. J'ai ensuite assuré cet enseignement pendant un mois en Jordanie (janvier 1995). Le projet était financièrement pris en charge par l'ambassade de France d'Amman. L'expérience s'étant révélée convaincante, il s'agissait ensuite de la poursuivre, mais sous forme d'autoformation. J'ai donc reçu une rémunération pour poursuivre l'élaboration de quelques dossiers pédagogiques supplémentaires. Malheureusement, si cet enseignement du français de l'archéologie est appelé à se poursuivre sur place, prise en charge par des enseignants locaux, la tâche est pour moi terminée.

Cette expérience, aussi passionnante qu'elle ait été, reste pour le moment limitée à une action ponctuelle et n'est pas synonyme d'emploi. J'espère cependant pouvoir un jour valoriser et poursuivre en d'autres lieux le travail commencé, en espérant qu'il me servira de fil d'Ariane dans le labyrinthe de la recherche d'une activité professionnelle...

Nathalie THIERS (Lyon) 

 Conseil d'Administration du samedi 6 janvier 1996,

Toulon.

Présents : Jean-Paul Basaille, Chantal Daclin, Catherine Guesle, Sylvie Guinot, Marie-Laure Lions, Pierre-Loup Mazerand, Chantal Parpette.

Politique de développement de l'ANEFLE.

L'année 95 se termine sur un bilan de 43 adhésions réelles (même si le Trèfle à quatre est envoyé à une centaine de correspondants).Parmi les causes possibles de cette situation, il nous apparaît qu'une au moins est notre absence de politique de développement pour faire adhérer à l'ANEFLE. Si les adhésions sont faibles, la participation aux colloques et séminaires est bonne et il nous semble raisonnable d'envisager qu'une démarche suivie et soutenue auprès de nos collègues pourrait se traduire par un nombre significatif d'adhésions. La discussion qui s'est engagée sur les moyens à mettre en oeuvre a fait émerger trois orientations générales : mise en place d'une personne chargée des relations publiques, création d'une nouvelle orientation en direction des étudiants de FLE, rédaction d'argumentaires spécifiques.

Relations publiques.

Sylvie Guinot, candidate, est élue à l'unanimité. Sa mission est définie autour des axes suivants : rencontre de responsables de centres et de départements de FLE, mise en place d'un réseau de collègues / correspondants dans chaque centre, animation (stand, interventions) ponctuelles dans les centres soit quand l'ANEFLE organise une rencontre pédagogique soit quand l'activité du centre est propice à ce genre d'animation. Un bilan de cette mission sera dressé dans un an. Un budget spécifique de fonctionnement de 5 000 F pour 1996 est alloué.

Etudiants de FLE.

Création d'une nouvelle rubrique dans le Trèfle à quatre .

Les étudiants de FLE représentent un groupe important par leur nombre et leur profil : ce sont des enseignants de FLE en puissance. Il s'agit de mettre en route une dynamique qui prenne en compte les préoccupations des étudiants et qui leur permette de trouver une place au sein de l'ANEFLE. Dans un premier temps, Chantal Parpette recueille des témoignages d'étudiants sur la façon dont ils ont trouvé leur stage, voire un emploi, leur vécu, etc. Publication prévue dans le Trèfle à quatre à partir de de mars. A l'AG du colloque de Nancy, recherche d'un responsable - ce devrait être si possible un étudiant - du suivi de cette orientation.

Argumentaires spécifiques.

Document "Etudiants, recherche de stage". Plaquette d'information (historique des colloques et séminaires, liste des actes disponibles, présentation de l'ANEFLE). Création d'une affiche permanente. Mise au point d'un sigle de reconnaissance. Courrier spécifique aux anciens adhérents. Information auprès des syndicats d'enseignants. D'autre part, une action envers les départements de FLE et les centres est à envisager pour inciter ces institutions à favoriser la participation de ses enseignants aux activités de l'ANEFLE (prise en charge des frais de déplacements, par exemple).

Colloque de Nancy.

Le budget du colloque devrait pouvoir être autonome. Cependant, si cela était nécessaire, l'ANEFLE prendrait en charge une partie des dépenses engagées. Cela sera examiné quand les recettes et les dépenses exactes seront connues. .D'autre part, deux collègues enseignants croates de l'Association des professeurs de Croatie sont invités au colloque et pris en charge par l'ANEFLE (les frais de voyage seront assurés par le BCLE de Zagreb).) Le principe de la prise en charge (frais d'hébergement et de nourriture) à chaque colloque de deux collègues enseignants d'une association étrangère de professeurs est retenu comme forme de coopération et d'aide en direction de nos collègues étrangers.

Colloque ASDIFLE de Toulon en septembre 96.

Peu d'information concrètes à ce jour. Le colloque se met en place.

Séminaires de l'ANEFLE.

Projet de séminaire à Dijon au CIEF. Annie Edelman organise un séminaire en juin 96 sur le conte.

FIPF.

Jean-Paul Basaille est chargé par le CA des relations internationales, et donc du suivi des actions avec la FIPF. Un budget spécifique de fonctionnement de 5 000 F pour 1996 est alloué.

AG extraordinaire de l'ANEFLE lors du colloque de Nancy.

L'AG extraordinaire est motivée par le déplacement du siège social de l'ANEFLE à Besançon.

Adresse de l'ANEFLE.

L'adresse du secrétariat de l'ANEFLE est maintenue à

Campus International (boite postale et téléphone) : A N E F L E - BP 133 - 83957 LA GARDE CEDEX.

Tel. 04  94 24 12 82

De façon plus générale se pose la question d'un permanent ANEFLE qui puisse assurer une continuité avec nos différents interlocuteurs. La solution qui pourrait être retenue, après vérification des conditions administratives et de responsabilité, serait celle d'un contrat CES attaché au Secrétariat de l'association.

Adhésions à l'ANEFLE des institutions et des personnes morales.

300 F.

Cartes d'adhésion.

Réimpression : 1587,80 F (400 cartes de couleur bleue sur chamois).

Frais de déplacement.

Les frais de déplacement concernent les réunions du CA, les AG et les missions. Ils doivent couvrir les frais de transport sur la base des tarifs SNCF 2 classe, l'hébergement et les repas. Ils sont pris en charge par l'ANEFLE en cas de non prise en charge par ailleurs.

Projet de budget 1996.

Recettes espérées :

- En caisse : environ 16 000 F

- Montant espéré des adhésions compte-tenu de la campagne d'information : 10 600 F

Dépenses envisagées :

- Promotion de l'ANEFLE (budget de fonctionnement de Sylvie Guinot) : 5 000 F

- FIPF (budget de fonctionnement de Jean-Paul Basaille) : 5 000 F

- Trèfle à quatre : 5 000 F

- Adhésions aux associations amies : 1 200 F - Secrétariat : 3 000 F

- Contrat CES : 3 000 F

- Déplacements (CA, AG) : 7 000 F

Total recettes : 26 600 F

Total dépenses : 26 600 F

J.P. Basaille.

L'Assemblée générale de l'ANEFLE

aura lieu vendredi 29 mars 1996 au CRAPEL, Campus Lettres, Université Nancy 2, 23, boulevard Albert 1er, 54000 NANCY

Ordre du jour:

- Rapport moral et financier

- Actions de développement de l'ANEFLE

- Elections au Conseil d'Administration

- Transfert du siège social

N'oubliez pas d'être présents!

Verbal / non verbal, frères jumeaux de la parole ?

Les actes de la journée d'études ANEFLE organisée au Centre de Linguistique Appliquée de Besançon, Université de Franche-Comté, le 17 juin 1995, sont disponibles.

Cette journée d'études était consacrée, d'une part, à une approche théorique du geste et de ses rapports au verbal et, également, aux implications pédagogiques de la prise en compte de cette composante de la communication dans l'enseignement / apprentissage du FLE.

Table des matières :

Jacques Montredon. Les enjeux du geste .

Geneviève Calbris. Anticipation du geste sur la parole .

Bernard Commiot. Présentation d'un vidéodisque de données gestuelles en français .

Régine Llorca. Le rapport geste / parole sous l'angle rythmique : application à une pédagogie de la prosodie pour le FLE .

Jacques Vingler et Jacques Montredon. Le geste retenu .

Michel Jannin. Présentation d'une vidéo de formation en FLE .

Emmanuelle Chan-You. Le geste et l'argumentation dans un contexte de classe .

Pour les commander, écrire à

Chantal Daclin, CLA, 6 rue Plançon, 25030 BESANÇON CEDEX.

Règlement à l'ordre de l'ANEFLE : adhérent, 35 F, non adhérent, 50 F (ajouter15 F pour frais d'envoi).

Futures rencontres

Télécole : l'enfant, la télévision et l'école

Colloque organisé les 30-31 mai 1996 à Belfort par l'Université de Franche-Comté et le CRESLEF (Centre de Recherches et d'Etudes Sémio-Linguistiques pour l'Enseignement du Français)

Réflexion sur :

- la didactique des discours télévisuels,

- les discours d'information.

Les ateliers porteront sur :

- dessins animés, transcodage, restitution graphique,

- les enseignants, la télévision et les enfants,

- le journal télévisé,

- différences raciales et films publicitaires télévisés,

- représentation et mythification de l'enfance: le cas du Québec des années 80,

- pour une rhétorique des messages télévisuels,

- les séries-collège et la formation des instituteurs,

- télévision et politique,

- enseigner avec TV5,

Le bilan des ateliers aura pour thème :

- l'enfant téléspectateur, l'écolier télélecteur,

- les activités de classe,

Avec la participation :

- des chercheurs du CRESLEF,

- de Télérama-Junior, France-Culture, et du CSA,

Pour tout renseignement:

Maryvonne MASSELOT-GIRARD

CRESLEF - Colloque Télécole, 30, rue Mégevand, 25030 BESANCON Cédex

Tél. 03 81 66 5410 - Fax. 03 81 66 54 92

 

Retour en haut de page

Retour à la page de l'ANEFLE

 

Numéro 7

« Télécole »

"L'enfant, la télévision et l'école".

Les 30 et 31 mai 1996 s'est tenu à Belfort un colloque "Télécole" sur "L'enfant, la télévision et l'école".

Télécole est une convention sur 5 ans entre la ville de Belfort, le CRESLEF (Université de Franche-Comté), le CDDP et l'Inspection académique, et concerne des classes d'expérimentation (enseignants volontaires et formés). Il s'agit de sensibiliser les jeunes écoliers à l'usage de la télévision et d'aider les enfants à élaborer des savoirs et des connaissances avec l'aide de la télévision. Ce dispositif s'appuie sur une recherche fondamentale de type universitaire. Le programme vise à construire en classe des situations

d'observation et d'analyse des discours télévisuels.

Les conférences avaient pour thème:

1- Ecrans du quotidien, école d'aujourd'hui :

* les objectifs socio-culturels: apprentissage et acculturation. Regarder la télévision n'est plus un acte de loisir, mais met en jeu des aptitudes,

* les enjeux didactiques: capacités développées et compétences requises,

* observation des modalités sémiolinguistiques mises en oeuvre.

2 - Ecoliers et téléspectateurs : transferts de connaissances de la télévision à l'école et de l'école vers la télévision, ou comment l'école fait-elle apparaître des connaissances acquises par la télévision et comment les enfant pourraient-ils utiliser ces connaissances à l'école?

3 - Le discours informatif comme pratique du lieu commun, utilisation des savoirs partagés.

4 - Il était une fois la vérité: charmes et leurres de l'information télévisée: rhétoriques mises en oeuvre dans l'information télévisée et enjeux.

5 - Emissions pour les jeunes. définition des programmes pour enfants et actions du CSA les concernant.

Différents ateliers étaient proposés :

- Dessins animés - transcodage et restitution graphique :

expérience faite avec des enfants de représenter par un dessin ce qu'ils ont vu dans un court dessin animé, et analyse de ces dessins.

- Les enseignants, la télévision et les enfants: analyse d'une enquête faite auprès d'enseignants de diverses classes.

- Le journal télévisé régional : approche du journal télévisé régional par une classe, analyse des repérages du texte puis, à la demande des élèves, fabrication d'un journal télévisé.

- Différences raciales et films publicitaires télévisés.

- Pour une rhétorique des messages télévisuels.

- Télévision et politique.

- Projet pédagogique: enseigner avec TV5.

Ce colloque a été l'occasion de faire le point sur une recherche en cours depuis 2 ans et qui va se prolonger 3 années encore. Dans l'ensemble, nous avons eu l'impression que les enfants étaient très intéressés dans la classe, avec des prolongements sur l'extérieur, puisqu'ils ont participé par leurs dessins à la décoration du hall d'entrée du colloque.

C. Daclin

Expérience

Cette rubrique , inaugurée dans le numéro 6, est plus particulièrement destinée aux étudiants des filières FLE. Nous y donnerons la parole à ceux d'entre eux qui souhaiteront témoigner de leur activité dans le domaine: stages, démarches pour trouver un emploi, "bonnes adresses", etc...

Une maîtrise FLE sans bagage supplémentaire, est une formation qui n'offre pas de perspectives réjouissantes à long terme. Mon expérience en Tunisie m'en a fait prendre conscience puisque, au terme d'un stage de quatre mois, aucune proposition sérieuse ne m'a été faite.

Dans le cadre de la maîtrise FLE, dont je suivais les enseignements en 1995, un stage à l'étranger était vivement conseillé aux étudiants. Inscrite à l'Université des Sciences Humaines de Strasbourg, j'ai pu profiter d'un allègement de calendrier, de février à mai, pour partir dispenser des cours de langue et de culture française. Amsterdam, Séville, Athènes ou Lisbonne étaient autant de propositions alléchantes, tant au niveau culturel que financier, puisque le programme ERASMUS prenait en charge une partie des frais, mais aucune ne correspondait à ma formation de départ pas plus qu'à mes projets professionnels. Titulaire d'une licence d'arabe littéraire et connaissant bien la Tunisie pour y avoir séjourné à plusieurs reprises, j'ai pensé qu'un stage à Tunis me serait plus profitable. La faculté de Strasbourg ne proposant pas de poste dans cette région, la recherche d'un lieu de stage m'incombait entièrement. Après de nombreux courriers à plusieurs organismes, la Mission Culturelle Française en Tunisie (MCFT), dépendant de l'Ambassade de France, m'a répondu favorablement et m'a accueillie du 6 février au 12 mai. Logée chez des amis tunisiens, j'ai pu profiter pleinement et dans de bonnes conditions de cette expérience, aucune rémunération ne m'ayant été accordée. Sur place, j'ai pu observer et participer à toutes les activités du Centre: cours de FLE pour adultes, adolescents et enfants de tous niveaux et de toutes nationalités, ainsi que des cours en entreprise. Après 3 semaines 'observation, le directeur m'a proposé de m'occuper d'un groupe d'adultes de niveau moyen, à raison de 4 heures par semaine.

M'étant aperçue, à force d'observation, que la prononciation des étudiants n'était que très rarement corrigée, j'ai soumis au directeur l'idée de mettre en place un cours de phonétique. Une semaine plus tard, je démarrais la première heure de phonétique avec 2 groupes de 30 étudiants de tous les niveaux et de toutes les nationalités. Il semblerait d'ailleurs qu'un cours de ce type ait été remis en place à la rentrée dernière; j'ose l'espérer du moins.

A la fin du stage, un poste d'enseignante m'a été offert pour la session d'été. Je l'ai bien sûr accepté mais en sachant malheureusement qu'il ne s'agissait pas là d'un contrat à long terme, aucune perspective de carrière n'étant possible pour l'instant au Centre. Je reste cependant persuadée que cette expérience me sera profitable pour l'avenir

Fabienne OHREL (Strasbourg)

 Votre prochain rendez-vous...

Colloque ASDIFLE

Didactique des langues étrangères, didactique des langues maternelles : rupture et/ou continuités?

5-6-7 septembre 1996 - Université de Toulon et du Var

Renseignements / inscriptions :

ASDIFLE / Colloque de Toulon 96, 101 boulevard Raspail, 75006 Paris

Tél/fax: 33.1.45.44.16.89

 Compte-Rendu de l'Assemblée Générale de l'ANEFLE du 29 mars 1996.

L'Assemblée générale s'est réunie à l'occasion du colloque "Compréhension et expression orales en langue étrangère" qui a eu lieu au CRAPEL, à Nancy, les 29 et 30 mars 1996.

Outre les sympathisants, 26 adhérents étaient présents ou représentés sur un total de 50 membres.

Rapport moral.

A l'Assemblée générale du 9 septembre 1994, à Toulon (voir Le Trèfle quatre... n 1), il avait été décidé de maintenir / développer trois activités : l'organisation de colloques à intervalles de dix-huit mois environ, la mise en oeuvre d'un ou deux séminaires annuels et la diffusion d'un bulletin trimestriel.

Le colloque de Nancy est le premier depuis celui de Toulon organisé avec Campus International et le Français dans le Monde. Il apparaît que dix-huit mois sont bien nécessaires pour décider d'une rencontre (lieu et dates), mettre au clair une thématique, décider des interventions, éditer des préactes, etc.

Le bulletin Le Trèfle à quatre... , avec une assez bonne ponctualité, tente en quatre pages de faire circuler l'information sur les actions et les acteurs de la didactique.

Les séminaires, en revanche, n'ont pas eu lieu au rythme souhaité. Un seul a eu lieu, à Besançon en juin 95. Dijon (voir par ailleurs l'information à ce sujet) et d'autres sont en gestation. Il faudra peut-être néanmoins étudier les modalités et les formes de ces séminaires si cela était nécessaire.

Le point le plus préoccupant est celui du faible taux d'adhésion. Il pose deux types de problèmes distincts, mais fondamentaux. Le premier est celui des moyens de fonctionnement. Une adhésion est aussi une cotisation, aspect financier indispensable. Les moyens de l'ANEFLE reposent essentiellement sur ces cotisations. Nous ne recevons aucune subvention et la vente des actes se fait au prix coûtant. D'autre part, les rencontres pédagogiques sont équilibrées, hors budget général ANEFLE, grâce à la participation des institutions qui nous accueillent.

Le second problème soulevé par le peu d'adhérents est celui de la représentativité de l'ANEFLE. Comme beaucoup d'associations (professionnelle ou syndicale), nous souffrons d'un phénomène global de baisse d'action volontariste: cotisation, participation aux instances de l'association par exemple. Il ne semble pas s'agir d'une désaffection puisque colloques et séminaires rassemblent beaucoup plus de personnes que la totalité des adhérents de l'association.

Beaucoup de sympathisants certes, mais peu d'inscrits. Alors, il est certain que ce peu d'adhérents place l'ANEFLE dans une situation inconfortable qui, si elle devait perdurer, serait vite problématique.

Nous avons décidé, lors du Conseil d'Administration du 6 janvier dernier, d'engager une politique de développement de l'association qui passe par la mise en place d'une personne chargée de relations publiques - Sylvie Guinot, qui développera un travail de contact et de diffusion et un suivi plus attentif des adhérents et des sympathisants - et l'ouverture de l'ANEFLE aux étudiants des filières FLE. Nous réfléchissons à d'autres formes d'action et nous ne désespérons pas d'arriver à une meilleure situation.

Rapport financier.

Nous terminons l'année 95 avec un solde positif de 16.000 F et nous espérons un montant d'adhésions, compte tenu de la campagne d'information, de 10.600F.

Nous envisageons les dépenses suivantes (voir le compte-rendu du CA dans Le Trèfle à quatre... n 6):

- Promotion de l'ANEFLE (budget de fonctionnement de Sylvie Guinot): 5 000 F

- FIPF (budget de fonctionnement de Jean-Paul Basaille): 5 000 F

- Le Trèfle à quatre... : 5 000 F

- Adhésions aux associations amies: 1 200 F

- Secrétariat: 3 000 F

- Contrat CES: 3 000F

- Déplacements (CA, AG ): 7 000 F

Total recettes : 26 600 F

Total dépenses : 26 600 F

Débat et vote.

Il est demandé que les cotisations soient toutes ramenées à 50 F, ce qui permettrait à tout le monde d'adhérer.

Nous savons que les sommes consacrées à l'action associative représentent des dépenses qui peuvent être conséquentes, d'autant que souvent on adhère à deux voire trois associations en même temps. Cependant, nous ne sommes pas sûrs du résultat espéré en baissant les tarifs actuels qui sont fonction des situations professionnelles de chacun, étant également rappelé que l'ANEFLE a toujours accueilli sans cotisation des collègues dont la situation matérielle ne leur permettait pas d envisager cette dépense.

Il est aussi débattu de l'intérêt du rôle que l'ANEFLE pourrait jouer sur un plan professionnel auprès des institutions. La question sera très précisément étudiée.

Il est rappelé que le rapport financier doit parvenir aux membres d'une association une semaine avant la tenue d'une Assemblée Générale. Dont acte.

Les rapports moral et financier sont votés à l'unanimité.

Projets.

- Présence de l'ANEFLE au IX° Congrès de la FIPF à Tokyo, en août prochain, une prise en charge des frais de voyage étant assurée par la FIPF.

- Participation de l'ANEFLE à la candidature de la France à l'organisation du X° Congrès de la FIPF en l'an 2 000 (voir par ailleurs dans ce numéro), et, si cette candidature est retenue, à la mise en place de ce X° Congrès.

- Participation de l'ANEFLE au colloque de l'ASFDIFLE à Toulon en septembre prochain.

- Prochain colloque de l'ANEFLE: voir point suivant "Statuts des enseignants".

Statuts des enseignants.

Il est fortement exprimé le souhait que l'ANEFLE reprenne l'information et la discussion sur les questions de statuts des enseignants de FLE. Il est rappelé que c'est là une des raisons d'être de l'ANEFLE et que si un certain nombre d'entre nous a trouvé un équilibre professionnel, d'autres sont toujours à la recherche d'une stabilité souvent aléatoire.

Il est décidé d'étudier, rapidement, la possibilité d'organiser une rencontre sur le thème des statuts des enseignants: mise au point de la thématique, lieu, dates, intervenants, partenaires.

Elections au Conseil d'Administration.

Sur les 16 sièges statutairement prévus, 7 sont pourvus. Une candidature est proposée: Annie Edelman.

Elle est élue par 24 oui et 2 non.

Siège social.

Il est décidé le transfert du siège social de l'association à Besançon.

Informations / rappels.

Colloque FOCAL, Besancon, 19-21 septembre.

Colloque CUEF - SHIFLES, Grenoble, 27-28 septembre.

Colloque "Métalangages en FLE et en FLM", Centre Comenius, Paris X, 4 et 5 octobre.

COFDELA.

Information/proposition de Robert Bouchard, président de la COFDELA.

La COFDELA est née d'un besoin. Historiquement, existait l'AFLA, Association Française de Linguistique Appliquée, qui a contribué à faire naître l'AILA Association Internationale de Linguistique Appliquée. Puis, pour diverses raisons, l'AFLA a été désafiliée de l'AILA. Cette dernière s'est alors trouvée à la recherche d'une association de linguistique appliquée en France.

De ce fait, la COFDELA, Confédération Française des Associations de Linguistique Appliquée, a vu le jour. Son objectif est de mettre en relation ceux qui travaillent en linguistique appliquée. Elle est composée de l'APLIUT, de l'ACEDLE, Association des Chercheurs et Enseignants Didacticiens des Langues Étrangères, et de FOCAL, Formes de Communication et Acquisition des Langues.

Lors de sa seconde Assemblée Générale, à Besançon à l'occasion du Colloque FOCAL de septembre prochain, il sera proposé que l'ANEFLE devienne membre de la COFDELA

Cela aurait pour conséquence que toute personne adhérant à l'ANEFLE serait de facto adhérant à la COFDELA et à l'AILA. La proposition, qui n'est pas soumise au vote, sera étudiée par l'ANEFLE.

J.-P. Basaille

 Futures rencontres

X° Colloque International

"Acquisition d'une langue étrangère : perspectives et recherches".

Colloque Université Franche-Comté CLA

FOCAL:

"Pratiques discursives et acquisition des langues étrangères". 19-21 septembre 1996. Inscriptions jusqu'au 31 juillet 1996:

Maryse Graner

Christiane Grillier, Univ.Franche-Comté 1 rue Goudimel, 25030 Besançon cdx Tél. 03 81 66 58 11, 03 81 66 58 10

L'apport des centres de français langue étrangère à la didactique des langues.

Colloque international CUEF - CPEE - SIHFLES, Université Stendhal-Grenoble 3. Du 26 au 28 septembre 1996.

Renseignements: colloque CUEF, Univ Stendhal-Grenoble 3, Domaine universitaire de Saint-Martin-d'Hères, BP 25,

38040 Grenoble cedex 9 Tél. 04 76 82 43 27 - Fax 04 76 82 41 15

 

Retour en haut de page

Retour à la page de l'ANEFLE

Numéro 8

Septembre 1996 - Numéro 8

IXe Congrès de la FIPF. Tokyo, 25 - 31 août 1996.

Le français au XXI siècle. Tracer l'avenir. Cultiver la différence.

Même si le français au Japon n'est pas vraiment une réalité linguistique, il est très présent dans les programmes universitaires, dans de nombreux lycées et dans les instituts franco-japonais. Kenzaburo Oé rappelle que par les idées et les valeurs qu'il porte, il ouvre à la découverte et à la quête intellectuelles. Il est aussi très présent dans la ville et dans la culture contemporaine : mode, chanson, bribes symboliques de phrases, rappels de noms de lieux célèbres ou mythiques - le Café de Flore -présence de produits français jalonnant le parcours du citadin.

Le choix de Tokyo comme lieu du IX Congrès de la Fédération Internationale des Professeurs de Français (FIPF) avait en son temps, il y a trois ans, nourri quelque inquiétude sur l'opportunité d'aller si loin(sauf pour les collègues d'Asie / Pacifique), à la fin des vacances d'été et là où le français n'est apparemment pas si fortement présent. Cette crainte était infondée tant la richesse des échanges politiques autant que scientifiques et le professionnalisme de l'organisation ont montré que le choix avait été judicieux. Un millier de participants représentant plus de 120 associations venant de plus de 100pays ont pendant une grande semaine partagé une foi commune et peu commune dans la présence du français dans le monde.

Le comité d'organisation du congrès a réalisé une sorte de prouesse en réussissant à accueillir, loger, établir les parcours à travers la ville pour se rendre dans les divers lieux de Tokyo pas toujours proches les uns des autres (les bus des congressistes se comptaient par dizaines), guider, conseiller, orienter, divertir. Chaque soir, une activité culturelle était prévue (musique, chansons, danses traditionnelles, art floral)et, le mercredi, trois excursions ont été mises en place. Une exposition sur l'histoire des échanges culturels nippo-français a également fonctionné toute la semaine sous la forme, entre autres, de rencontres entre des congressistes et le public japonais. Le lieu même du congrès était l'université Keio dont la géographie des bâtiments autour d'une grande cour centrale ombragée a contribué a créer un espace de rencontres détendues et informelles. Chacun, individuellement ou officiellement, a tenu à remercier le comité d'organisation et les très nombreux étudiants et professeurs japonais qui se sont dévoués tout au long de la semaine.

Le congrès a aussi été l'objet d'une attention médiatique tout particulière puisqu'étaient présents le Monde de l'éducation, le Figaro, le Point,TV5, RFI, France Culture. Par ailleurs, un espace éditeurs français et japonais était ouvert.

Enfin, signe annonciateur de l'importance qu'a revêtue cette réunion, la séance d'ouverture a été marquée par la remise par Anne Magnant, Déléguée générale à la langue française, au nom du Ministre de la Culture, de la médaille des Arts et des Lettres à sept personnes

L'organisation scientifique du congrès, articulée autour de grandes assemblées le matin et de réunions(tables rondes, convergences et ateliers) l'après-midi, a été déclinée en quatre thèmes majeurs : politiques du français, cultures, travailler /étudier en français, innovation.

Le thème de la première journée, "Politique(s) pour le français" , a été développé autour de quatre moments : les politiques du français, le rôle des associations de professeurs de français, le français face à d'autres langues et cultures, les activités des associations de professeurs dans les grandes aires de la FIPF.

Dans la grande table ronde d'ouverture animée par Roger Pilhion (Direction générale des relations culturelles scientifiques et techniques du Ministère des Affaires Etrangères), il a été dressé un état des lieux du français dans le monde - faiblesse en Asie, menaces en Amérique Latine, fragilité en Afrique, modestie en Europe Centrale et Orientale, stabilité en Europe du Nord, bonne tenue au Maghreb, progression en Afrique Sub-saharienne - et tenté de définir des axes d'une politique pour le français. La défense du français se fait dans le cadre de la défense du pluralisme culturel et linguistique, c'est un enjeu politique majeur. a-t-il été fermement déclaré.

Si elles concernent évidemment les enseignants, les lignes d'action envisagées à cette table ronde s'adressent surtout aux institutions. Sans méconnaître les efforts de la France (cf. "Une politique pour le français." MAE, DGRCST, août 96, diffusion La Documentation Française, que chaque congressiste avait reçu parmi d'autres documents lors de son inscription), il a été rappelé que le développement, ou le maintien, d'un enseignement et d'une pratique du français passent par l'amélioration de l'image du français, de la France et des pays francophones, un encouragement des échanges, un développement de la présence des médias (presse, radio et TV).

Du côté des institutions de chaque pays, il est souhaité qu'elles affirment la place obligatoire du français dans leur politique éducative, qu'elles s'ouvrent au plurilinguisme en introduisant plusieurs langues dans les systèmes de formation face à l'anglais, qu'elles envisagent le français non comme un seul objet d'étude, mais comme un outil à même de créer des besoins de communication.

Enfin, il a été insisté sur la place du français dans les institutions internationales et européennes en particulier.

La table ronde animée par Annie Monnerie-Goarin, Secrétaire Générale de la FIPF, a été le moment d'affirmer pour les associations leur rôle de complémentarité des institutions, de mobilisation des professeurs et de dynamisation de leurs actions. Il y a en effet, parmi les associations, une prise de conscience de plus en plus nette de leur force en tant que groupe de pression pour faire entendre les besoins, les désirs, les aspirations des enseignants. Les associations sont encouragées à exprimer les projets qu'elles souhaitent développer. La FIPF, interlocuteur transnational entre associations et auprès des pouvoirs publics et des institutions, les soutiendra dans leurs actions.

Placer le français face à d'autres langues (en général face à l'anglais, mais aussi face à l'espagnol au Brésil) est une idée dépassée. Parmi les activités de l'après-midi qui toutes avaient pour thème cette confrontation, celle animée par Jacques Pécheur, Rédacteur en chef de "Le français dans le monde", a constaté l'émergence de la notion de plurilinguisme et d'une convergence culturelle et pédagogique entre les langues. Une intégration des formations des enseignants des langues maternelles et étrangères permettrait de mettre en place des échanges et des transferts didactiques entre les langues, de révéler des communautés d'approches méthodologiques. Il ne s'agit pas d'une stratégie face à une domination linguistique, mais d'une éthique de diffusion du français dans le respect des autres langues et cultures.

Enfin, les associations ont pu, dans un cadre géographique plus large que celui qui compose habituellement les régions de la FIPF, faire part de leurs actions et de leurs difficultés. C'était pour certaines la première fois qu'elles pouvaient témoigner de leur existence, soit du fait de leur récente création, soit plus généralement du fait de leurs difficultés ordinaires à pouvoir se déplacer et participer à des rencontres.

De cette première journée, on retiendra la volonté réaffirmée de la France d'être toujours très présente dans la diffusion du français, et celle de la FIPF d'assurer plus que jamais son rôle fédérateur et moteur. De l'ensemble des points de vue exprimés, celui qui exprime le mieux le sentiment qui domine et qui correspond bien au projet de ce IX congrès est qu'il n'y a pas à se poser la question du pourquoi du déclin du français, mais celle des raisons de l'apprendre.

"Les cultures en français" a été le thème de la seconde journée. Quarante quatre réunions se sont préoccupées des sous thèmes suivants : cultures en français, regards croisés (ou l'identité questionnée de l'enseignant de langue / médiateur culturel), pédagogie de l'interculturel, migrants, littératures, théâtre, chanson et cinéma francophones, cultures et langues (ou l'influence des représentations culturelles sur le système linguistique), premières rencontres Orient /Occident.
Un moment très attendu de tous et très fort a été la table ronde des littératures francophones animée par Catherine Pont-Hubert, de France Culture, et qui a réuni Tahar Ben Jelloun (Maroc), Raphaël Confiant(France), Ismaïl Kadaré (Albanie), Henri Lopes (Congo),Andrei Makine (France), Antonine Maillet (Canada), Jean-Luc Outers(Belgique) et Yves Simon (France). Il ne s'agissait pas traiter de littérature, mais de rencontrer, d'écouter, de voir chacun de ces auteurs que tous connaissaient par la lecture, de les entendre exprimer leur rapport individuel à la langue et à l'écriture, de sentir dans la diversité des expériences et des vécus de chacun constituer l'identité littéraire de la francophonie.
La table ronde "Médias et cultures francophones" animée par Francis Debyser, qui a débattu de la responsabilité des médias de lutter contre l'uniformisation de la culture, de l'importance de l'esprit d'imagination et d'ambition, de la qualité d'écoute du monde, a continué la réflexion sur cette identité dans la diversité. Selon le mot d'un intervenant qui a une longue expérience de confrontation de cultures
le congrès au Japon a montré l'identité et les identités multiples.
C'est cette vision générale et parcellaire qui a sous-tendu les multiples autres rencontres de cette journée.

La troisième journée a été centrée sur "Travailler / étudier en français" . Là aussi, 46 réunions ont décliné le thème : travailler en français(les affaires en français, le français du sport, etc.),mais aussi français de non spécialistes (FOS, français du tourisme, etc.), enseignement bilingue, formation des enseignants, traduction / interprétation, linguistique, méthodologie et pratiques pédagogiques (les grands groupes, lecture / écriture, évaluation, manuels, etc.).
Les propos développés lors d'une table ronde sur la formation des professeurs, animée par Michel Drouère, attaché linguistique, sont à l'image de cette multiplication des approches : multiplicité des compétences scientifiques, pédagogiques et comportementales de l'enseignant - les savoirs, les savoir faire et les savoir être - et variabilité / adaptabilité de ses actions et de ses interventions - quel enseignement, quel enseignant, quel métier, pour quels résultats, etc.

De la dernière journée "Innover en français" , on retiendra surtout (assez étroitement puisqu'il y avait ce jour-là aussi un grand nombre de rencontres autour de l'innovation en français)l'action pédagogique développée par la chaîne francophone TV5, qui a mis à profit le congrès pour une large information sur ses programmes et les activités de classe qu'elles peuvent permettre. C'était d'ailleurs l'occasion pour TV5 de démarrer son lancement au Japon.

La dernière matinée de travail a accueilli Michel Serres dans un ultime propos : "Pour une philosophie de la francophonie" avant les cérémonies d clôture au cours desquelles nos collègues japonais ont été remerciés avec beaucoup de chaleur et d'émotion pour l'immense travail qu'ils avaient réalisé et où la France, par la voix de ses représentants, a réaffirmé l'intérêt qu'elle porte et l'attention qu'elle continuera de porter au rayonnement de la langue et de la culture françaises.

Cette semaine de rencontres et d'échanges avait aussi pour but d'élire le nouveau président de la FIPF et de choisir le lieu du prochain congrès. Alain Braun (Belgique) a été élu président de l'association lors de l'Assemblée générale de la FIPF, par 104 voix contre 87 à Joop van Shaik (Pays-Bas) et 1 abstention. Joop van Schaik par 133 voix et Monique Lebrun (Québec) par 127voix ont été élus vice présidents de la FIPF. Lors du Conseil d'Administration qui a suivi le congrès, la candidature de la France a été retenue par 12 voix contre 11 pour le Québec.

L'ANEFLE, qui soutenait la candidature de la France (comme indiqué dans le précédent Trèfle à quatre ...), apportera sa contribution à l'organisation de ce X congrès.

J.-P. Basaille 

Stages longs du MAE

L'année qui commence inaugurera pour les étudiants des filières FLE un type de stage connu pour le moment sous le terme de stages longs du MAE (Ministère des Affaires Etrangères). Ils concernent les étudiants sortant de Maîtrise ou de DESS de FLE, à qui le MAE donne l'occasion de faire leurs premières armes au sein de structures dépendant de son autorité dans les pays étrangers. Ces stages s'étendent sur la période d'une année scolaire et sont non reconductibles. Selon la structure d'accueil, l'activité demandée peut être de l'enseignement, de l'animation culturelle, la participation à l'élaboration d'une opération de diffusion du français etc ...

Les stagiaires reçoivent un titre de transport aller-retour ainsi qu'un contrat d'assurance pour rapatriement éventuel, et sont rémunérés par une indemnité comportant une part française versée en France et une part locale versée sur place. Cette indemnité est naturellement fonction du niveau de vie local et des conditions faites au stagiaire (logé ou non, par exemple).

Pour l'année 96-97, le nombre de stages proposés est d'environ une cinquantaine, le tout dans une douzaine de pays : Slovaquie, Arménie, Vietnam, Israël, Slovénie, Estonie, Bulgarie, Syrie, Pologne, Laos, Lettonie, Ukraine.

La procédure de sélection se déroule en quatre temps :

a) MAE diffuse auprès des universités une liste des stages proposés ; 

b) les candidats déposent leur dossier auprès de leur université respective qui les transmet avec avis au MAE, en les classant selon un ordre de mérite ;

c) une première commission effectue une présélection ;

d) une seconde commission publie la liste finale des candidats choisis, après résultats des examens de juin.

C'est le MAE qui exerce l'entière responsabilité du choix des candidats après avis de la commission composée de représentants du MAE lui-même, de la Direction de l'Enseignement Supérieur, et des universités. Les universitaires, au nombre de 7 ou 8,exerceront ce rôle de façon tournante.

Les stages de l'année 96-97 constitueront une première. L'opération connaîtra certainement des réajustements après expérience, en fonction des bilans faits à l'issue des stages. Par ailleurs, pour rester fidèle au projet tel qu'il a été souhaité par les universités, il faudra veiller à ce que ces stages restent bien des postes supplémentaires par rapport à ce qui existe actuellement et ne viennent pas simplement remplacer des stages ou contrats déjà existants.

Souhaitons bonne réalisation à ce projet en espérant qu'il permettra aux diplômés de FLE de s'engager plus facilement dans la profession qu'ils ont choisie.

Ch. Parpette

Retour en haut de page

Retour à la page de l'ANEFLE

Numéro 9

Janvier 1997 Numéro 9

L’ANEFLE EST EN DEUIL.

L’Anefle est en deuil. Jean-Noël MIRA, notre collègue, notre ami, premier Président de l’Association, s’est éteint le 23 décembre 1996 à Bagnères-de-Bigorre, près de Pau, vaincu par la maladie contre laquelle il a lutté avec un courage constant. Nombreux sont ceux parmi vous qui l’ont connu, un peu, beaucoup, nombreux sont ceux parmi vous qui ont estimé l’action du Président de l’Anefle, reconnu les qualités pédagogiques de l’enseignant, apprécié la courtoise gentillesse de l’homme.

Jean-Noël a été président de l’Anefle dès la création de celle-ci, en 1982, et pendant près d’une dizaine d’années, il l’a représentée auprès des différentes institutions. L’Anefle lui doit beaucoup, et certainement l’image positive qu’elle possède toujours aux yeux de nombreux partenaires. Le Trèfle (dans sa première version trimestrielle), les rencontres et séminaires, autant d’activités créées à cette époque et que l’équipe de l’Anefle essaie de continuer dans la mesure de ses moyens.

C’est en 1994 que, l’Anefle étant en sommeil, Jean-Noël est venu me voir: et si nous faisions un petit 4 pages de liaison, plus facile à gérer que le Trèfle? Le mode de la suggestion était celui sur lequel nous travaillions le mieux ensemble, que ce soit pour l’Anefle ou pour les cours qu’il nous arrivait de partager: et si nous faisions ceci, et si nous essayions cela... Toujours prêt à entreprendre, Jean-Noël était avant tout ouvert aux autres, écoutait chacun d’une oreille attentive... ce qu’il a fait jusqu’au bout, s’enquérant de nos petits malheurs alors qu’il était lui-même en si triste état. Il nous a montré comment un homme pouvait jusqu’à la fin rester digne, et de cette leçon je le remercie. Mais le chagrin est là, qui nous étreint et va longtemps nous étreindre. Jean-Noël nous manque.

C.Guesle

PROCHAINE RENCONTRE ANEFLE

"Le conte dans la pédagogie, la pédagogie dans le conte"

samedi 27 mars à Dijon

- Marie-Christine Anastassiadi (Université ParisX-Nanterre): "Il était une fois le conte, un outil au service des apprenants et des enseignants de FLE"

- Roger Gaillard (Université de Bourgogne): "Il n’y a pas d’école qui ne passe pas par le conte, que ce soient les contes de France ou les contes de fées"

- François Migeot (Université de Franche-Comté): "Le conte comme espace potentiel"

- Françoise Probst (CIEF Université de Bourgogne): "De l’utilisation des contes en classe de FLE"

Informations et inscriptions: CIEF - maison de l’Université - Esplanade Erasme - BP 28 - 21001 - Dijon Cédex
Joëlle Bonnardot: Tel. 03-80-39-69-72 - Fax. 03-80-39-35-61 - mél.: m.huot@u-bourgogne.fr
Annie Edelman: Fax. 03-80-74-29-18 Date limite des inscriptions: 14 mars 1997

COMPTE-RENDUS DE RENCONTRES

"L'apport des centres de français langue étrangère à la didactique des langues". Grenoble, 26-28 septembre 1996.

Pour le centenaire de son Comité de Patronage des Etudiants Etrangers, le CUEF a organisé avec la SIHFLES, les 26, 27 et 28 septembre 1996, à Grenoble, le colloque international "L'apport des centres de français langue étrangère à la didactique des langues".

Le thème général était réparti en trois axes, le premier traitant spécifiquement de l'histoire des centres de FLE en France, le second ouvrant une perspective européenne par l'histoire des centres de langues en Europe, le dernier étant dédié à la didactique et à la méthodologie.

Si la partie historique, en France et en Europe, a permis de saisir l'ici et maintenant des centres autant que le cheminement de leur développement, l'axe didactique et méthodologique a pu parfois laisser un sentiment d'éclatement qu'une problématisation dans une approche historique des aspects traités aurait plus concrètement inscrite dans l'orientation du colloque.

Cependant, au delà de cette remarque, ce troisième axe montre bien l'implication des centres dans la recherche en didactique, l'importance qu'ils lui accordent, la place qu'ils lui font. Robert Bouchard (Lyon 2), dans son propos "L'apport des centres de FLE à la didactique des langues", insiste sur le rôle des enseignants de terrain qui savent apporter des réponses spécifiques à des situations pédagogiques particulières et participent ainsi à l'évolution de la didactique. D'une activité officieuse et hors université, le FLE est devenu maintenant une méthodologie dans des centres universitaires et devient une activité de recherche universitaire. De ce fait, les enseignants des centres de FLE acquièrent une double dimension: celle d'enseignants de terrain et celle de chercheurs.

Jean-Claude Chevalier (Paris VIII), dans la conférence d'ouverture, a tracé le chemin d'une "Introduction progressive de la didactique des langues au sein des universités, soulignant que, tout au long du XX° siècle et plus fortement après1945, l'émergence du FLE s'est faite par la volonté de personnes déterminées (Paul Passy, Ferdinand Brunot, l'Abbé Rousselot, Gougenheim, Gaston Berger, Bernard Quemada, etc …) et par l'instauration de structures s'écartant du centre de gravité universitaire (CREDIF, BELC, CLA).

Les parcours évoqués de Grenoble (CUEF), Vichy (CAVILAM) et Besançon (CLA), ajoutés à ceux rapportés de Louvain-la-Neuve, Chypre, Dublin, Neuchâtel, Grenade, Montréal, Santander, Tel-Aviv, Lausanne et Mayence, dessinent des ensembles multiformes pour lesquels une méthodologie d'observation / analyse est suggérée par Daniel Coste (CREDIF), qui invite à regarder les centres de FLE comme le centre de gravité, le point d'application, d'un certain nombre de forces: la politique pédagogique du centre de FLE et son type d'enseignement, sa vision de la didactique, sa relation à l'espace et au temps (espace interne, relation au monde proche ou lointain, rapport au passé etc …), son mode de fonctionnement relationnel (contact avec les apprenants, relations enseignants / apprenants, etc …), sa gestion du temps de formation, les statuts de ses personnels.

Enfin, last but not least, on retiendra l'excellente idée des organisateurs d'avoir convié le Théâtre de la transparence, troupe universitaire grenobloise, à aérer et rythmer le colloque par de savoureux pastiches des traits saillants du chercheur conférencier de base. Dans un jeu de miroir déformant comme à la foire, chacun a pu se livrer à l'analyse d'un hypothétique et très réduit corpus de langage de chien imaginaire issu d'un fantasmé "Alice au pays des merveilles".

Jean-Paul Basaille

"Didactique des langues étrangères - didactique des langues maternelles: ruptures et continuités" Toulon, 5-7 septembre 1996

Du 5 au 7 septembre 1996 s’est tenu à Toulon le colloque Asdifle intitulé "didactique des langues étrangères - didactique des langues maternelles: ruptures et continuités" à l’occasion du 10ème anniversaire de cette association.

Les interventions étaient dirigées selon 5 axes: données institutionnelles, données culturelles, le point de vue des apprenants, harmonisation des approches didactiques et possibilité de transfert, enseigner et former dans la langue étrangère.

Dans l’atelier n° 4 sur l’harmonisation des approches didactiques et possibilité de transfert, les points importants soulevés furent l’importance de la prise de conscience par l’élève des démarches d’apprentissage, le bilinguisme posant des problèmes d’égalité des chances car une bipolarisation précoce bilingue va dans le sens d’un renforcement des écarts entre une élite et les autres. On a rappelé que tout enseignement d’une langue vivante se pratique sur une marché plus ou moins ouvert où existent des concurrences et des hégémonies.

Dans l’atelier sur le point de vue des apprenants, Robert Bouchard a rappelé que l’écrit était au carrefour des didactiques scolaires, et a parlé d’une confrontation entre les cultures de l’oral et les cultures de l’écrit. Plus un système scolaire semble vivre positivement l’écrit, plus se crée rapidement un rapport individuel à la connaissance, à la science, et plus se renforce la prise de parole orale.

Pendant ce colloque, le débat entre les intervenants et les participants a été très fructueux et enrichissant pour tous.

Ch. Daclin

TEMOIGNAGE - EXPERIENCES

- Alors, tu t’en vas? - Et pour quoi faire...

Ma maîtrise de F.L.E. a été précédée d’une licence d’Ethnologie, mention F.L.E.. J’avoue que mon intérêt premier était plus porté vers l’ethnologie que vers l’enseignement du français. Cependant, ces deux enseignements universitaires ont un point commun: tous les deux sont tournés - au moins dans l’absolu - vers l’Autre, l’étranger.

En Français Langue Etrangère, l’Autre est déjà présent dans la dénomination même du diplôme, présence qui avertit que le départ n’est pas loin, que la rupture avec un certain conformisme est à l’ordre du jour, que la rencontre avec l’Autre et son environnement est l’aboutissement du F.L.E. Avertissement qui n’est hélas pas encodé d’une façon suffisante par nos enseignants, et qui est encore moins bien décodé par les étudiants. A la fin de ma maîtrise, passée à Lyon, la section de F.L.E. proposait plusieurs stages à l’étranger. Ces stages, souvent résultat d’accords interuniversitaires, permettent, pour des périodes variables allant de quelques mois à un an renouvelable, d’acquérir une expérience d’enseignant de français à l’étranger.

Parmi les propositions figuraient deux postes en Syrie. Je pensais naïvement que tout le monde allait se précipiter sur ces offres qui nous donnaient la possibilité de quitter l’ambiance un peu morose et déprimante d’un quotidien à la recherche d’un travail, pour aller prendre des forces et de l’assurance à l’étranger. Pas du tout! Les places retèrent vides longtemps. Je demandais autour de moi pourquoi mes "camarades" ne couraient pas déposer leurs candidatures. La réponse fut toujours la même: ils couraient déjà après autre chose. L’un après ses parents, l’autre derrière sa voiture, un autre après son ami. Je me souviens d’une fille qui m’expliqua qu’elle avait un chat et que... C’est vrai, on avait tous un quotidien et le quitter n’était pas chose facile. Surtout pour un ailleurs que l’on ne connaissait pas!...

Mais si l’on est frileux face aux départs, aux rencontres, aux interrogations, aux dérangements, à l’adaptation de soi, pourquoi se destiner à être enseignant de F.L.E.?

Me voici maintenant en Syrie, au Centre de Français de l’Université d’Alep, parmi une équipe constituée de cinq enseignants syriens et d’un directeur pédagogique français. Nous assurons des cours auprès d’un public volontaire, largement étudiant mais pas uniquement.

Sortir de l’université en tant qu’étudiant pour entrer dans une université en tant qu’enseignant n’est pas autre chose qu’un passage d’un état à un autre, entre un monde virtuel et un monde formel, entre un univers de réponses à des questions que l’on ne se pose pas, à un univers de questions sans réponses. Passage qui s’apparente quelquefois à "un rite de passage" où l’inconnu, l’angoisse, l’introspection et la douleur sont la clé d’une métamorphose réussie.

Quand on arrive dans un pays arabe sans en connaître la langue, on se retrouve dans une situation très perturbante, que vivent nos étudiants de F.L.E. débutants. Grâce à ce nouvel état, nous pouvons ressentir ce qu’est vraiment l’apprentissage d’une langue et de sa culture. Aucune autre situation ne peut simuler cette dure vérité que nous offre la relation à l’Autre, la brutalité de l’altérité. Pourtant, rien de tout cela n’est possible s’il n’y a pas de "conscience de soi", de travail introspectif qui seul peut permettre, si ce n’est une intercompréhension, au moins une découverte de soi par rapport à l’Autre et par là une rencontre avec l’Autre. Il faut être "à l’écoute de" pour ne pas passer "à côté de". Je me souviens de la première situation de friction interculturelle vécue en classe. Le groupe était un peu bruyant. Je demandai donc le silence comme tout bon Français en faisant un "chut" fort et chuintant. Le résultat fut immédiat: un silence de mort quasi instantané! Et pour cause! En Syrie, ce son chuintant n’est utilisé que pour faire fuir les animaux ou bien pour les guider. Il est employé principalement par les muletiers encore très nombreux dans ce pays...

Ce qui me semble important dans tout cela, ce n’est pas seulement le fait de prendre conscience de la valeur interprétative d’un monde culturel qui n’est pas le nôtre, mais plutôt la mise en place commune, entre enseignant et apprenant, d’une attitude introspective qui conduit à une inter-vigilance des acteurs en présence. Ces attitudes, qui deviennent rapidement des habitudes communicatives, permettent de diminuer fortement l’angoisse due aux contacts interculturels qui, par définition, sont inévitables et bruyants ("bruit" au sens de Jacobson).

Aujourd’hui j’ai quitté, au bout de deux ans, les "bruits" syriens. Grâce à eux, grâce aux personnes que j’ai rencontrées, je suis plus à même d’entendre, et surtout d’écouter mes propres bruits et peut-être aussi ceux de l’Autre. Cet Autre sera mexicain dans quelques temps car je pars pour le Mexique où un poste d’enseignant à l’Alliance Française de Monterrey me promet d’autres bruitages...

Jean-Christophe Blumet

CREDIF

Par décision du directeur de l'ENS de Fontenay/Saint-Cloud - arrêté n° 96-18 du 4 septembre 1996 - la structure administrative CREDIF a été supprimée. Il s'agit, en termes concrets, de la fin de l'existence du CREDIF.

Cette nouvelle de rentrée, en septembre, a rapidement fait le tour de la communauté de la didactique.

Il y a longtemps que le CREDIF faisait partie du paysage. Pour beaucoup, il a même toujours été là, préexistant à leur propre éveil au FLE. Sa place semblait tout aussi naturelle ou logique que celle des diverses autres institutions du champ et il est difficile de penser la didactique, synchronique ou diachronique, sans le CREDIF.

Bien sûr, les activités qu'il développait ont essaimé. Beaucoup d'universités et de centres de FLE enseignent, forment et publient. Mieux, l'accroissement des lieux de réflexion et d'enseignement favorise la diversité, enrichit la didactique, fait progresser le domaine.

Ce développement a-t-il marginalisé le CREDIF? Sa voix n'est-elle devenue qu'une parmi d'autres? C'est possible, voire assez probable. Et souhaitable. Là comme ailleurs, le temps n'est plus à la doxa.

En tout cas, cela ne justifierait pas la disparition, l'ordre de suppression. Au contraire. C'est de la multiplicité et de la complexité qu'émergent toujours plus d'idées et de propositions .

Cette disparition ressemble hélas trop à une remise en ordre. Le CREDIF était-il si insupportablement différent, trop particulier au sein de l'ENS, comme le laisse entendre la lettre ouverte des personnels du CREDIF de septembre dernier au directeur de l'ENS ? Ses enseignants retrouveront une place au sein de la communauté universitaire, mais sur d'autres bases, hors du projet fondateur. Etait-il si difficile d'analyser au lieu de nier, d'évaluer au lieu de supprimer, de faire évoluer au lieu de faire disparaître ?

Ce qui arrive au CREDIF nous touche sur les plans symbolique et pratique de la disparition d'un lieu de référence.

Nous voulons aussi assurer nos collègues de notre sympathie face à la négation de leur légitime existence professionnelle et de leur investissement scientifique.

Cette suppression risque de conforter ceux qui n'y croient pas ou plus simplement n'admettent pas la coexistence de systèmes complexes non uniformes. Jean-Paul Basaille, Président de l'ANEFLE.

Retour en haut de page

Retour à la page de l'ANEFLE

Numéro 10

"Le conte dans la pédagogie, la pédagogie dans le conte" - 22 mars 1997

A Jean-Noël. Impressions Interventions.

Il était une fois, et une fois il n'était pas, et il était une fois quand même. Il était une fois et il n'est plus.

C'était dans des temps reculés, au coeur d'une forêt profonde, très profonde. Un rayon de lune illumina des dizaines de lutins abasourdis de se retrouver si nombreux alors que chacun croyait vivre seul dans ces bois peuplés d'étranges étudiants étrangers.

Qui es-tu, que fais-tu?

Je m'appelle Chantal et je fais briller la langue française.

Je m'appelle Marielle et je fais luire la langue française.

Je m'appelle François et je fais rutiler la langue française.

Je m'appelle Thierry et je fais resplendir la langue française.

Je m'appelle Annie et je fais étinceler la langue française.

Ils étaient tout à leur joie de rompre leur solitude lorsqu'apparut une jeune femme qui tenait dans la main une baguette magique.

C'était la "Flée" du langage (pas celle de Lagarde et Michard, l'autre). Les lutins n'en croyaient ni leurs yeux ni leurs oreilles. "Je vous ai réunis ici, dit-elle, pour que vous alliez porter la bonne nouvelle dans vos classes et hors de vos classes, en France et hors de France. mais il faut d'abord sortir de cette forêt et seul un prof. charmant peut vous aider. (Un prof. charmant, c'est le frère d'un prince charmant). Voilà celui que j'ai choisi pour vous orienter. Il est connu du bon roi Herni de France et de Navarre sous le nom de Jean-Noël."

A ces mots, un jeune homme un peu myope se détacha du groupe. Il portait un trèfle à la boutonnière. Un sourire malicieux éclairait son visage et c'est avec une pointe d'accent qu'il prononça la formule magique: "mari, maribelle, mira, mirabelle" et l’ANEFLE. fut créée et le pacte fut scellé.

La tâche fut rude et l'est encore, mais les lutins ne faillirent jamais, ou presque jamais, à leur engagement et, malgré les coups du sort, ils sont encore nombreux ici et ailleurs à astiquer la langue française.

Mon conte est fini, car toute chose a une fin. Il est dédié à Jean-Noël qui est retourné dans la forêt où, nul doute n'est permis, un jour nous le rejoindrons.

Annie Edelman

"Le conte dans la pédagogie, la pédagogie dans le conte" - 22 mars 1997

Quelques impressions sur la journée.

Ce qui peut caractériser ce séminaire, c'est l'émotion continue qui l'a étayé.

L'évocation de la disparition de Jean-Noël aurait pu en être la cause, or de nombreuses personnes n'avaient, a priori, aucune raison de s'en émouvoir. Pourtant, l'émotion s'est maintenue du début jusqu'à la fin et je sais maintenant que c'est le sujet qui a joué ce rôle.

Tous les intervenants nous ont fait part de leur volonté obstinée de communiquer avec leurs apprenants: communication pédagogique mais aussi communication humaine. L'une n'allant pas sans l'autre dans leurs propos. Ce qu'ils ont voulu dire, chacun à leur façon, c'est que le message pédagogique a d'autant plus de chances d'aboutir qu'il passe par les voies du cœur autant que par les voies de la technique, si parfaite soit-elle. Pour ce faire, ils ont choisi le conte comme support. Le conte est un outil privilégié. C'est d'abord un récit qui a un début et une fin généralement heureuse. Il est présenté sous une forme simple et familière. Il pose des questions universelles même s'il contient des références précises à l'environnement géographique, historique et culturel du groupe qui les a produits.

Toutes ces conditions réunies vont donner lieu à de multiples activités dont l'aspect créatif sera très fortement motivant pour le groupe. On parodie, on copie, on mémorise, on écoute, on rythme, on mime... et tout ceci dans le plaisir, notion qui tend trop souvent à disparaître dans nos réflexions pédagogiques..

Nous avons compris ce que signifie la "centration sur l'apprenant". Il ne s'agit plus seulement de l'approche communicative en forme d'actes de parole, mais d'un humanisme profond qui donne aux intervenants les moyens d'obtenir d'admirables résultats.

A.Edelman

Interventions

Pour Marie-Christine Anastassiadi (Paris X Nanterre), le travail sur le conte en FLE est très productif et particulièrement gratifiant pour des apprenants débutants. L'écoute d'un conte en français va d'abord favoriser le repérage de l'organisation du récit, des clichés verbaux et phonétiques, des formules propres au conte, des repères événementiels qui jalonnent le récit; autant d'éléments que l'adulte maîtrise déjà dans sa langue. Cette activité de compréhension orale va déboucher, avec l'aide des éléments identifiés, sur la production d'un conte, puis sur une expression orale de reformulation.

Roger Gaillard (Université de Bourgogne) a mené une réflexion très intéressante sur la place indispensable que doit prendre le conte à l'école. Le conte construit l'enfant, l'individualise, le détache d'une parole affective pulsionnelle, lui ouvre l'accès à la fonction symbolique et à la parole porteuse de sens, balise le chemin de l'infans (celui qui apprend à parler) avec des récits qui vont l'éclairer.

Organisation de la parole également mise en avant par François Migeot (Université de Franche-Comté) qui, à travers un délicieux conte relatant les tribulations d'un chercheur en FLE parti à la découverte du vaste monde, a détaillé le chemin parcouru par ses étudiants japonais dans la traduction-recréation, la mise en scène et l'interprétation (enregistrée) d'un conte japonais... en français.

Elaboration d'un sens, toujours, avec Geneviève Raguenet (psychologue à Besançon) qui, en créant grandeur nature l'univers d'un conte et en faisant de deux enfants en échec scolaire les acteurs de ce conte, a réussi à leur faire exprimer leurs blocages et à leur donner l'envie d'apprendre à lire et à écrire.

Retour au FLE enfin avec Françoise Probst (CIEF Dijon) ou le plaisir d'une leçon de grammaire sur les temps du passé grâce à l'écriture d'un conte.

J'oubliais "l'apéritif", offert pour l'occasion par deux conteuses, Jacqueline Hubbeld et Gisèle : à voir les mines réjouies de l'assistance, je peux bien le dire: oui, nous aimons que l'on nous raconte des histoires, et notre participation n'a alors rien à envier à celle des enfants de maternelle...

C.Guesle

Expérience

L'entrée en maîtrise FLE nécessitant d'avoir validé un certain nombre d'heures d'enseignement, j'ai profité d'une offre de l'université d'Angers pour devenir lectrice de français à l'étranger. Ma connaissance de la langue russe et mon intérêt pour la culture slave me poussaient à partir à l'est. La Pologne n'intéressant pas mes camarades d'études (licence d'anglais mention FLE), je me suis retrouvée à la rentrée 91 en poste à Torun, à mi-chemin entre Varsovie et Gdansk. Je dispensais des cours pour débutants et grands débutants aux chaires de Philologie Classique et Slave à l'université Nicolas Copernic.

Un salaire mensuel moyen en slotys d'environ 1000 francs m'était versé pour 12 heures de cours par semaine et j'étais logée à la cité universitaire. Le matériel pédagogique étant inexistant, j'utilisais mon magnétophone et mes propres livres, apportés dans mes bagages. Les étudiants n'ayant aucun manuel, je devais copier au tableau la leçon ou bien "commander" des photocopies à l'avance, en nombre limité. J'avais une totale liberté dans l'organisation et le contenu de mes cours, sans contrôle mais sans aide extérieure non plus.....

Cette expérience fut, malgré ces quelques désagréments, intéressante et riche en contacts avec les Polonais, étudiants, collègues ou amis. L'hospitalité polonaise n'est pas un vain mot.

En outre, ces neuf mois m'ont permis de me mettre à l'étude de la langue polonaise, indispensable à la communication. En juin, je quittais la Pologne pour m'inscrire en maîtrise FLE à Tours. En octobre 93, j'étais de retour à Torun pour travailler, toujours à l'université, mais à la chaire de Philologie Romane qui s'était montée entre temps.

C'est donc ma quatrième année consécutive au même poste, à donner des cours de civilisation, d'expression écrite, de compréhension orale et de conversation en première, deuxième et troisième années.

Le recrutement local signifiant un salaire peu élevé en slotys, et excluant les vacances de la rémunération, j'ai décidé, forte de mon expérience polonaise, d'aller tenter ma chance ailleurs. Je cherche pour la rentrée 97 un poste de lectrice à l'étranger.

Après ces années de neige et de froid (-18 ce mois-ci!), un pays ensoleillé serait le bienvenu.......

Karine Alquier (Angers)

Compte-rendu du C.A du 21 mars 1997.

Rapport moral.

Rapport financier.

Renouvellement des membres du bureau.

FIPF.

Les métiers du FLE.

Le CA a eu lieu à Dijon, à l'occasion du séminaire organisé avec le CIEF : Le conte dans la pédagogie, la pédagogie dans le conte.

Etaient présents :Jean-Paul Basaille, Annie Edelman, Catherine Guesle, Chantal Parpette.

Excusés : Chantal Daclin, Marie-Laure Lions-Olivieri.

Rapport moral.

L'année 1996 a été marquée par un investissement certain dans le but de mieux faire connaître l'association et de permettre son développement.

Le plus souvent possible, l'ANEFLE a été présente aux diverses manifestations du champ dont le "Trèfle à quatre " s'est régulièrement fait l'écho. Ainsi, l'ANEFLE s'est rendue et / ou a participé aux rencontres de la SIHFLES, de l'ASDIFLE, de FOCAL et de la FIPF. D'autre part, l'action de développement menée tout au long de l'année a eu des résultats encourageants : début d'adhésion de centres de FLE, information plus précise auprès de quelques centres.

Tout cela est à continuer. Manifestement, la perception de l'ANEFLE doit s'appuyer sur un ensemble plus large d'adhérents.

Une seconde orientation décidée l'an passé (voir CA de janvier 96) et mise en oeuvre a été de recueillir des témoignages et des points de vue d'étudiants de filière FLE sur leur plus ou moins facile insertion dans la vie active. Chaque numéro du bulletin livre l'un de ces propos.

Hormis la collaboration à la mise sur pied des dix ans de l'ASDIFLE, une seule rencontre ANEFLE a été organisée en 96, à Nancy, au CRAPEL, sur le thème de l'oral.

En 1997, aucune rencontre de ce type n'est volontairement prévue. Le bureau souhaite mettre ses forces sur la rencontre de début 1998 sur les métiers du FLE. Cette même année 1997, un séminaire, à Dijon, est organisé et un autre, au moins, est sollicité pour l'automne. Toute proposition est la bienvenue.

Rapport financier.

Les actions prévues au CA de janvier 96 (voir compte-rendu dans le bulletin n 6) ont demandé un investissement financier important qui a dépassé de 10 000 F environ le budget initialement prévu. Les comptes restent équilibrés grâce à un appel aux fonds de réserve de l'association. La trésorière, Chantal Daclin, n'ayant pu participer à ce CA, un compte-rendu détaillé sera publié dans un prochain bulletin.

Renouvellement des membres du bureau.

Conformément aux statuts, les membres du bureau, élus pour deux ans, doivent être renouvelés. Sont élus pour deux ans : Jean-Paul Basaille, président chargé des relations institutionnelles, Chantal Daclin, trésorière, chargée également des adhésions, Catherine Guesle, secrétaire adjointe chargée du "Trèfle à quatre ", Chantal Parpette, secrétaire chargée du suivi des rencontres pédagogiques.

Marie-Laure Lions-Olivieri a souhaité ne pas continuer à assurer la fonction de secrétaire et Pierre-Loup Mazerand celle de président-adjoint.

De son côté, Sylvie Guinot, membre du CA et chargée de la promotion de l'ANEFLE, ne peut continuer à assurer cette tâche.

Un bilan moral et financier de son activité sera prochainement établi.

FIPF.

L'ANEFLE participe à la mise en place du X° Congrès à Paris en juillet 2000. Cela entre dans la logique des objectifs, des orientations et des activités en FLE de l'association, de collaborer avec la FIPF. Cependant, les forces de l'association sont limitées en temps disponible et en ressources matérielles. Sa contribution peut être essentiellement envisagée sous la forme de sa participation à la réflexion menée à la mise en oeuvre de ce X Congrès. D'un point de vue financier, les ressources de l'association ne lui permettent pas d'attribuer un budget de fonctionnement et l'association sollicite le comité d'organisation pour une prise en charge.

D'un point de vue concret, la FIPF a souhaité la constitution d'une commission comprenant les associations françaises de FLE et de FLM, et des institutions. Ces associations sont l'ADCUEFE, l'AFEF (Association Française des Enseignants de Français), l'ANEFLE, l'APL (Association des Professeurs de Lettres), l'ASDIFLE, la DFLM (Association Internationale pour le Développement de la Recherche en Didactique du Français Langue Maternelle) et la SIHFLES. Les institutions sont : le Ministère des Affaires Etrangères, le Ministère de la Coopération, le Ministère de l'Education Nationale, la Délégation Générale à la Langue Française et la Mairie de Paris.

Les tâches de cette commission sont, dans un premier temps et non exhaustivement, de :

- déterminer les sites du congrès ; la Villette, qui a donné son accord, et les sites environnants ; la Sorbonne,

- d'évaluer les coûts de fonctionnement,

- de développer des formes d'appui matériels et financiers, institutionnels et privés,

- d'envisager la participation d'un organisme privé spécialisé dans la gestion d'opérations de cette envergure.

L'ANEFLE ne pourra pas participer à la réunion de la CEO en octobre prochain à Thessalonique. Nos moyens financiers ne permettent pas un tel déplacement.

Enfin, Jean-Paul Basaille, en tant que président, avait été sollicité, au moment du Congrès de la FIPF de Tokyo, pour assurer la tâche de trésorier de la partie française du FMEF , Fonds Mondial pour l'Enseignement du Français. Le FMEF est une fondation composée du Canada, de la Belgique, de la Suisse et de la France, dont l'objectif est de réunir des fonds et ainsi d'appuyer les actions de la FIPF en les subventionnant.

Un accord pour une année provisoire avait été donné et la continuation de cette tâche était soumise à l'acceptation du CA de l'ANEFLE de mandater son président. Le CA de l'ANEFLE ne souhaite pas que son président s'engage plus avant dans cette action qui requiert une participation active de tous les membres responsables de la section française du FMEF.

Les métiers du FLE.

La prochaine rencontre de l'ANEFLE n'aura pas pour thème une réflexion didactique, mais sera centrée sur la place et les formes du métier de professeur de FLE.

En partenariat avec divers Centres de FLE représentatifs de la diversité des formes d'intervention institutionnelles et des types 'enseignants et autres acteurs, un programme sera élaboré, qui devrait prendre en compte les notions de marché des langues et des formes de réponses qui sont apportées.

Cette rencontre devrait avoir lieu à l'occasion d'Expolangues 98, à Paris.

J.P. Basaille

Séminaires - Colloques

L'Evaluation dans le processus d'orientation : démarches pour des projets de formation.

XIe colloque de l'ADMEE (association pour le développement des méthodologies d'évaluation en éducation.

22-23-24 septembre 1997 - Tramelan (Suisse)

Date limite d'envoi des propositions de communications: 25 avril 1997.

Renseignements: Werner Riesen, colloque Admee 1997, Les Lovières 13, CH-2720 Tramelan

tél.+41.32/486.06.06 - fax.+41.32/486.06.07

Mél. .wr@cip-tramelan.ch

Prochain colloque ANEFLE : LES METIERS DU F.L.E.

prévu pour janvier 1998 dans le cadre d'Expolangues

"Compréhension et expression orales en langue étrangère"

Les actes du colloque international "Compréhension et expression orales en langue étrangère" organisé à Nancy avec le Crapel les 29 et 30 mars 1996 ne seront pas édités. Les préactes font office d'actes.

Retour en haut de page

Retour à la page de l'ANEFLE